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Stress et douleur : comment l’activité physique peut aider

23 août
11 min de lecture
Stress, douleur et activité physique : quand le stress s'installe le mouvement peut aider à retrouver l'équilibre
Stress, douleur et activité physique : quand le stress s'installe le mouvement peut aider à retrouver l'équilibre

Mal au dos, aux cervicales, aux épaules, tensions musculaires, douleurs diffuses… Et si le stress pouvait parfois participer à ce que nous ressentons dans notre corps ?

La question mérite d’être posée.

Car lorsqu’une douleur apparaît, notre premier réflexe consiste souvent à chercher uniquement une explication physique : un muscle contracté, une articulation, une mauvaise posture, un faux mouvement ou une ancienne blessure.

Ces causes existent évidemment et une douleur ne doit jamais être automatiquement attribuée au stress.

Mais la science de la douleur nous apprend aujourd’hui quelque chose d’essentiel :

la douleur est une expérience beaucoup plus complexe qu’un simple signal provenant d’un muscle ou d’une articulation.

Notre système nerveux, notre état émotionnel, notre niveau de stress, notre sommeil, notre fatigue, notre environnement et même notre niveau d’activité physique peuvent influencer la manière dont nous ressentons la douleur.

Et c’est précisément là que le lien entre stress, douleur et activité physique devient particulièrement intéressant.


Stress et douleur : quel est réellement le lien ?


Le stress est une réponse physiologique normale de notre organisme.

Lorsque nous devons faire face à une difficulté, notre corps mobilise ses ressources pour nous permettre de réagir.

Le rythme cardiaque peut augmenter, certains muscles se contractent davantage, notre vigilance s’accroît et plusieurs systèmes hormonaux et nerveux sont activés.

Sur une courte période, cette réaction est parfaitement normale.

Mais lorsque le stress devient important, répété ou chronique, les choses peuvent devenir différentes.

Les recherches montrent que le stress est capable de modifier la perception de la douleur. Selon sa nature, son intensité et sa durée, il peut parfois diminuer momentanément la sensibilité à la douleur, mais il peut également l’augmenter : c’est ce que les chercheurs appellent notamment l’hyperalgésie induite par le stress.

Une revue scientifique publiée en 2026 souligne également que douleur chronique et stress partagent différents mécanismes neurobiologiques, hormonaux, immunitaires et psychosociaux et peuvent participer à un cercle qui s’auto-entretient.

Cela ne signifie absolument pas :

« Vous avez mal parce que vous êtes stressé. »

Et encore moins :

« Votre douleur est dans votre tête. »

La douleur ressentie est réelle.

Le message est beaucoup plus subtil : l’état dans lequel se trouve notre organisme peut modifier la façon dont notre système de douleur fonctionne et la manière dont nous ressentons certains signaux.


Pourquoi le stress peut-il augmenter certaines douleurs ?


Imaginez votre système de douleur comme un système d’alarme.

Son rôle est de vous protéger.

Lorsqu’un danger est détecté, l’alarme se déclenche.

Mais lorsqu’une personne traverse pendant longtemps une période de stress, de fatigue, de mauvais sommeil ou d’inquiétude, ce système peut devenir plus vigilant.

Le cerveau analyse alors en permanence davantage d’informations provenant du corps et de l’environnement.

Chez certaines personnes, cela peut contribuer à une augmentation de la sensibilité à certains stimuli.

Le stress peut également être associé à :

  • davantage de tensions musculaires ;

  • un sommeil moins réparateur ;

  • une fatigue plus importante ;

  • une augmentation de la vigilance envers les sensations corporelles ;

  • une diminution de l’activité physique ;

  • davantage d’inquiétude face à la douleur ;

  • une perte progressive de confiance dans certains mouvements.

Le problème est qu’un cercle vicieux peut progressivement s’installer.

Stress → douleur → moins de mouvement → davantage de stress

Une période difficile peut entraîner moins de sommeil et moins d’activité.

La douleur apparaît ou augmente.

Parce que nous avons mal, nous commençons parfois à éviter certains mouvements.

Nous bougeons moins.

Notre condition physique diminue progressivement.

Certains mouvements deviennent plus difficiles.

Nous perdons confiance dans notre corps.

Et la douleur devient elle-même une nouvelle source de stress.

Stress → tensions / fatigue → douleur → inquiétude → évitement du mouvement → déconditionnement → encore plus de douleur et de stress.

Cela ne se produit évidemment pas chez tout le monde, mais c’est l’un des mécanismes qui permettent de comprendre pourquoi une prise en charge de la douleur doit parfois dépasser la seule zone où l’on ressent la douleur.


Mon expérience personnelle : quand mes douleurs sont apparues dans une période difficile


C’est un sujet qui me parle particulièrement car je l’ai moi-même vécu.

J’ai traversé une période de ma vie particulièrement difficile et stressante.

Pendant cette période, différentes douleurs sont apparues.

Parallèlement, j’avais aussi considérablement diminué mon activité physique.

Je ne peux évidemment pas affirmer que le stress était la cause unique de mes douleurs.

Ce serait trop simple et scientifiquement incorrect.

Mais avec le recul, la chronologie m’a interpellée.

Car lorsque j’ai progressivement recommencé à pratiquer une activité physique régulièrement, mes douleurs ont nettement diminué.

J’ai retrouvé du mouvement.

De la force.

De l’énergie.

Mais également davantage de confiance dans mon corps.

Cette expérience personnelle m’a poussée à m’intéresser encore davantage à la relation entre mouvement, stress, système nerveux et douleur.

Et ce que j’avais ressenti rejoint finalement un principe important du Sport Santé :

l’activité physique n’agit pas uniquement sur nos muscles.

Stress, douleur et activité physique : le mouvement qui change tout
Stress, douleur et activité physique : le mouvement qui change tout

Activité physique et douleur : pourquoi bouger peut aider


L’activité physique possède des effets extrêmement larges sur notre organisme.

Nous pensons immédiatement au cœur, aux muscles, aux articulations ou au contrôle du poids.

Mais ses effets vont bien au-delà.

L’activité physique régulière contribue également à améliorer la santé mentale, le sommeil et le bien-être général. L’Organisation mondiale de la Santé souligne notamment son intérêt sur la santé physique et mentale ainsi que sur les symptômes d’anxiété et de dépression.

Dans le domaine de la douleur, l’activité physique et l’exercice font également partie des approches utilisées dans la prévention, la prise en charge et la réadaptation de différentes situations douloureuses.

Le NICE recommande par exemple des programmes d’exercice supervisés pour les personnes souffrant de douleur chronique primaire et encourage le maintien d’une activité physique à plus long terme en tenant compte des capacités, besoins et préférences de la personne.


1. Bouger permet de lutter contre le déconditionnement

Lorsque nous avons mal, notre instinct nous pousse parfois à moins bouger.

À court terme, cela peut être nécessaire dans certaines situations.

Mais sur une longue période, une diminution importante de l’activité peut entraîner :

  • perte de force ;

  • diminution de l’endurance ;

  • perte de mobilité ;

  • baisse de confiance dans son corps ;

  • fatigue plus rapide lors des activités quotidiennes.

Résultat : ce que nous faisions facilement auparavant demande davantage d’effort.

Une reprise progressive du mouvement permet au contraire de reconstruire progressivement ces capacités.


2. L’activité physique peut améliorer la régulation du stress

Faire de l’activité physique régulièrement peut participer à une meilleure régulation émotionnelle et contribuer à diminuer certains symptômes associés au stress et à l’anxiété.

Mais il ne faut pas forcément imaginer une séance très intensive.

Marcher.

Faire du vélo.

Pratiquer du Pilates.

Faire de la mobilité.

Renforcer progressivement son corps.

Participer à un cours collectif adapté.

Toutes ces activités peuvent contribuer au mouvement et au bien-être.

L’activité la plus intéressante est souvent celle que l’on est capable de pratiquer régulièrement et suffisamment longtemps.


3. Le mouvement permet de retrouver confiance dans son corps

C’est un aspect que je considère essentiel.

Lorsque nous avons mal depuis un certain temps, nous pouvons progressivement commencer à avoir peur de certains mouvements :

« Si je fais ça, je vais avoir mal. »

« Je ne peux plus faire ça. »

« Mon dos est fragile. »

« Mes genoux ne supportent plus rien. »

Progressivement, notre univers de mouvements peut se réduire.

Une activité physique bien adaptée permet au contraire de réintroduire progressivement des mouvements et de constater :

« Je peux encore faire beaucoup de choses. »

Et cette confiance retrouvée est extrêmement importante.


4. L’activité physique peut favoriser un meilleur sommeil

Stress, douleur et sommeil sont eux aussi étroitement liés.

Lorsque nous dormons mal, notre récupération est moins bonne.

Et lorsque nous avons mal, nous pouvons avoir davantage de difficultés à dormir.

L’activité physique régulière fait partie des comportements associés à une meilleure santé globale et à une amélioration du sommeil chez l’adulte.

Agir sur l’activité physique et le sommeil permet donc de travailler simultanément sur plusieurs éléments susceptibles d’influencer notre bien-être.


Faut-il faire du sport quand on a mal ?


C’est probablement l’une des questions les plus importantes.

Et la réponse n’est pas :

« Il faut forcer malgré la douleur. »

Bien au contraire.


Bouger ne veut pas dire forcer.

Il existe une immense différence entre :

réintroduire progressivement du mouvement

et

imposer à un organisme une charge qu’il n’est pas encore capable de supporter.


Lorsque nous reprenons une activité après une longue période d’inactivité ou avec des douleurs persistantes, la progression est essentielle.

Cela peut commencer par :

  • quelques minutes de marche ;

  • des exercices de mobilité ;

  • de la respiration ;

  • du renforcement très progressif ;

  • du Pilates adapté ;

  • du stretching actif ;

  • du cardio à intensité modérée ;

  • des exercices fonctionnels adaptés aux capacités de la personne.

Puis on augmente progressivement la durée, la fréquence ou l’intensité.

Le NICE souligne justement que les besoins, les préférences et les capacités individuelles doivent être pris en compte dans les programmes d’exercice destinés aux personnes souffrant de douleur chronique primaire.


Comment agir sur le stress pour mieux gérer la douleur ?

L’activité physique est un outil formidable, mais elle n’est pas le seul.

Si une personne se trouve dans un état de stress permanent, il peut être intéressant de travailler simultanément sur plusieurs leviers.


1. Reprendre progressivement une activité physique

Il n’est pas nécessaire de commencer par cinq séances de sport par semaine.

La régularité est souvent beaucoup plus importante que la performance.

Commencer petit pour pouvoir continuer longtemps.


2. Travailler sur sa respiration

Des exercices simples de respiration lente peuvent devenir un outil de retour au calme et de régulation.

Quelques minutes peuvent déjà constituer un moment où l’on s’extrait du rythme permanent de la journée.


3. Protéger son sommeil

Lorsque c’est possible :

  • conserver des horaires relativement réguliers ;

  • réduire les sollicitations avant le coucher ;

  • favoriser un environnement propice au sommeil ;

  • limiter progressivement l’accumulation de dette de sommeil.

Le sommeil ne doit pas devenir une nouvelle source de pression, mais il mérite une vraie place dans une stratégie globale de santé.


4. Retrouver du plaisir dans le mouvement

L’activité physique ne devrait pas être uniquement une prescription.

Elle doit aussi pouvoir redevenir une source de plaisir.

Danser.

Marcher dehors.

Faire du Pilates.

Participer à un cours collectif.

Retrouver son groupe.

Rire.

Se sentir à nouveau capable.

Cette dimension humaine compte énormément.


5. Se faire accompagner lorsque le stress devient trop important

Parfois, l’activité physique ne suffit pas.

Et il n’y a aucune raison qu’elle suffise à tout.

Lorsque le stress, l’anxiété ou une situation de vie deviennent trop difficiles, l’accompagnement par un professionnel compétent peut être nécessaire.

Pour certaines douleurs chroniques primaires, des approches psychologiques telles que la thérapie cognitivo-comportementale ou la thérapie d’acceptation et d’engagement peuvent également faire partie d’une prise en charge globale.


La douleur n’est ni seulement physique, ni « dans la tête »


C’est probablement le message principal de cet article.

Nous devons sortir de cette opposition.

Une personne qui souffre réellement n’a pas besoin qu’on lui dise :

« C’est psychologique. »

Mais nous ne devons pas davantage oublier que notre cerveau, notre système nerveux, notre sommeil, notre stress, notre activité physique, notre environnement et nos émotions appartiennent au même organisme.

La douleur doit donc être envisagée de manière globale.

Biologique. Psychologique. Sociale. Humaine.

Et cette vision ne rend pas la douleur moins réelle.

Au contraire.

Elle nous donne davantage de leviers pour agir.


Sport Santé : remettre progressivement du mouvement dans sa vie


C’est toute la philosophie que je souhaite transmettre à travers l’activité physique et le Sport Santé.

Il ne s’agit pas nécessairement de devenir sportif.

Il ne s’agit pas d’être performant.

Et encore moins de se comparer aux autres.

Il s’agit parfois simplement de commencer par :

bouger un peu plus aujourd’hui qu’hier.

Puis de reconstruire progressivement :

  • la mobilité ;

  • la force ;

  • l’endurance ;

  • la confiance ;

  • l’autonomie ;

  • et le plaisir de bouger.

Mon propre parcours me l’a appris :

parfois, remettre du mouvement dans son corps permet aussi de remettre du mouvement dans sa vie.


Vous avez des douleurs et vous n’osez plus bouger ?


La peur de la douleur conduit parfois à réduire progressivement ses activités.

Pourtant, lorsque la situation le permet et que l’activité est correctement adaptée, reprendre progressivement le mouvement peut devenir l’une des étapes vers un mieux-être.

Chez Natural Sport Santé, l’objectif n’est pas de vous demander de suivre le rythme des autres à tout prix.

L’objectif est de partir de vos capacités actuelles, de vos besoins et de vos objectifs afin de reconstruire progressivement votre condition physique et votre confiance.

Selon votre profil, différentes activités peuvent être utilisées :

Pilates – mobilité – stretching – renforcement musculaire progressif – cardio adapté – accompagnement Sport Santé – activité physique en petit groupe.

👉 Vous souhaitez reprendre une activité physique mais vous ne savez pas par où commencer ?

Contactez-nous pour échanger sur votre situation et découvrir l’activité la plus adaptée à votre niveau et à vos objectifs.


Soit à Jasseron avec KLF

Soit sur Macon à Natural Sport Santé – Bouger mieux. Retrouver confiance. Prendre soin de sa santé.


FAQ – Stress, douleur et activité physique


Le stress peut-il provoquer des douleurs ?

Le stress peut influencer et parfois augmenter la perception de certaines douleurs, notamment lorsqu’il devient prolongé ou répété. Cependant, il ne faut jamais conclure automatiquement qu’une douleur est causée par le stress. Une douleur peut avoir de nombreuses origines et doit être évaluée en fonction de son contexte. Les recherches montrent que le stress peut avoir des effets complexes sur la modulation de la douleur.


Le stress peut-il provoquer des douleurs musculaires ?

Le stress peut s’accompagner d’une augmentation des tensions musculaires et contribuer à certaines sensations d’inconfort. Il peut également agir indirectement en perturbant le sommeil, en augmentant la fatigue ou en modifiant notre niveau d’activité. Mais toute douleur musculaire persistante ne doit pas être attribuée automatiquement au stress.


Pourquoi ai-je plus mal lorsque je suis stressé ?

Chez certaines personnes, le stress peut augmenter la vigilance, perturber le sommeil et modifier les mécanismes qui participent à la régulation de la douleur. La perception douloureuse peut alors être amplifiée. Les réponses varient cependant considérablement d’une personne à l’autre.


Le sport peut-il diminuer la douleur ?

Selon le type de douleur et la situation individuelle, l’exercice et l’activité physique peuvent faire partie d’une prise en charge globale. Ils peuvent notamment contribuer à améliorer la fonction physique, la condition générale, le sommeil, la santé mentale et la confiance dans le mouvement. Des programmes d’exercice sont notamment recommandés dans certaines douleurs chroniques.


Quel sport pratiquer lorsque l’on a des douleurs ?

Il n’existe pas une seule activité idéale pour tout le monde. Marche, activité cardio adaptée, renforcement musculaire, Pilates, exercices de mobilité ou autres activités peuvent être envisagés selon les capacités, les goûts et la situation de la personne. L’essentiel est de choisir une activité adaptée et de progresser graduellement.


Faut-il arrêter le sport lorsque l’on a mal ?

Pas systématiquement. Tout dépend de l’origine, de l’intensité et de l’évolution de la douleur. Certaines situations nécessitent temporairement de modifier ou d’arrêter une activité, tandis que pour de nombreuses douleurs persistantes, conserver ou reprendre une activité adaptée peut être bénéfique. En cas de douleur nouvelle, importante, inhabituelle, persistante ou qui s’aggrave, il est important de demander l’avis d’un professionnel de santé.


Comment diminuer le stress lorsque l’on souffre ?

Il peut être utile de combiner plusieurs stratégies : activité physique régulière, amélioration du sommeil, respiration et relaxation, maintien d’activités agréables et du lien social, et accompagnement psychologique lorsque cela est nécessaire. Il n’existe pas une solution unique : l’approche doit être individualisée.


KARINE LABUSSIERE


Sources scientifiques

Cet article s’appuie notamment sur :

  • International Association for the Study of Pain (IASP) : travaux et recommandations concernant activité physique, exercice et douleur.

  • Organisation mondiale de la Santé (OMS) : recommandations et bénéfices de l’activité physique pour la santé physique, mentale et le sommeil.

  • National Institute for Health and Care Excellence (NICE) : recommandations concernant exercice, activité physique et approches psychologiques dans la douleur chronique primaire.

  • Ghoussoub et al., Journal of Pain Research, 2024 : revue sur l’impact du stress sur la perception de la douleur.

  • Revue scientifique 2026 sur douleur chronique et stress : mécanismes neurobiologiques, neuroendocriniens, immunitaires et psychosociaux communs.

Cet article fournit des informations générales sur l’activité physique, le stress et la douleur. Il ne remplace ni un diagnostic ni un avis médical. Toute douleur nouvelle, inexpliquée, importante, persistante ou qui s’aggrave mérite une évaluation adaptée par un professionnel de santé.

 
 
 

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